Nécessité d’une formation continue en ETP

L’augmentation constante du nombre de malades chroniques est dûe, en partie, au progrès des stratégies  thérapeutiques : les patient(e)s atteint(e)s de maladies à pronostic incer­tain voient leur durée de rémission, de vie allongée. Cela crée, de la part de ces malades, une autre demande en termes d’organisation, de nouveaux services, de ressources humaines, de formation, de compétences des soignants.

La prévention, l’éducation du patient, l’éducation à la santé sont des problématiques récurrentes auxquelles la médecine seule  ne peut pas répondre et qui, ne peuvent être traitées seulement par des approches de soins mono-disciplinaires .Or la démarche éducative prend une place de plus en plus importante dans les soins infirmiers .Elle requiert certaines connaissances notamment en sciences humaines et sociales. La désignation “démarche éducative” recoupe des composantes aussi hétérogènes que les actions d’éducation thérapeutique dans le diabète, l’hypertension et l’asthme, l’accompagnement dans les soins palliatifs, le traitement de la dou­leur… Elle regroupe en fait tout ce qui n’est pas du soin strictement technique et implique une néces­saire relation avec le patient. Pour ne citer que le référentiel de la démarche éducative dans l’éducation du patient asthmatique, il est demandé aux infirmiers(es) de poser un diagnostic éducatif, d’évaluer les connaissances et les compétences du patient afin de définir un programme d’éducation thérapeutique adapté. Ensuite, ce programme doit donner lieu à une évaluation avec des indicateurs et des critères pertinents. Plus récemment, la publi­cation du manuel d’accréditation des établisse­ments de santé (version de septembre 2004) insiste sur la prise en compte des attentes du patient, l’ex-pression de celles-ci et son degré de satisfaction, ainsi que sur la qualité des démarches d’évaluation du service rendu.
LA FORMATION CONTINUE, UNE NÉCESSITÉ
Les dimensions relationnelles et éducatives dans le soin sont mises en avant dans le cadre réglemen­taire régissant la profession infirmière. Celui-ci autorise pleinement l’infirmier(e) à exercer des fonctions d’écoute, d’accompagnement et d’édu-cation. Afin d’élargir leurs compétences dans ces domaines, les infirmiers(es) et les cadres infir-miers(es) s’orientent vers des formations complé­mentaires universitaires comme les diplômes uni­versitaires (DU) ou vers des formations sans recon­naissance universitaire et dispensées parfois par des organismes non spécialisés.
ll  n’existe pas encore, en France, d’unités de for­mation et de recherche en soins infirmierscomme il en existe au Canada, ou d’unité des sciences hos­pitalières comme à Louvain, en Belgique. De même, il n’existe pas de réflexion de fond ni sur les courants d’éducation émancipatrice en rupture avec les courants d’éducation autoritaires et nor­matifs visant à l’adaptation à tout prix, ni sur les valeurs et les idéologies des pratiques. Ce manque de formation théorique nuit au développement des pratiques infirmières. Les infirmiers(es) et les cadres infirmiers(es) sont donc obligés de s’orienter vers d’autres champs disciplinaires dès qu’ils veulent se former à des pratiques relationnelles, éducationnelles ou de santé publique. Ils ne dési­rent pas forcément s’adresser aux facultés de médecine, où le rapport médecin-infirmier garde des traces d’anciens rapports tutélaires.
Le recours à la formation professionnelle conti­nue est incontournable. Intervenir dans le milieu de la santé, c’est être capable d’en comprendre l’histoire, l’organisation et les identités profession­nelles. Les cadres de santé se doivent alors de déve­lopper une véritable ingénierie de formation inté­grée à la gestion des ressources humaines et des compétences des établissements. Parallèlement, les différentes catégories de personnels du secteur, qu’ils soient plus ou moins formés et qualifiés, aspi­rent à des évolutions professionnelles légitimes. Ces aspirations sont renforcées par l’existence de dispositifs tels le bilan de compétences ou la vali­dation des acquis de l’expérience (VAE) et l’intégration des instituts de formation en soins infir­miers (IfSI) dans la logique LMD (licence-master-doctorat).
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