Ouverture d’un nouveau Master en ETP à Paris VI

Je prends mes fonctions d’universitaire à Paris VI  Université Pierre et Marie Curie cette semaine. J’y ouvre  parmi d’autres projets qui me tiennent à coeur et sur lesquels je reviendrai dans les semaines qui viennent un Master 1 et un Master 2 en éducation du patient. L’offre de Paris VI consiste à en faire un cursus  qui relève des formations initiales. Nous travaillons aussi dans le cadre du LMD pour que les soignants qui le désireront puissent aussi obtenir à condition de suivre des modules complémentaires une maîtrise en sciences infirmières délivrée par l’université d’Ottawa. L’éducation du patient peut-elle devenir une discipline émergente et donner lieu à la création d’une unité de recherche à court ou moyen terme, c’est effectivement une question à  se poser! 15 millions de malades chroniques en France c’est une population en soi extrêmement importante qui nécessite qu’on réfléchisse dans les métiers de l’humain à un modèle de professionnalisation pour les professionnels qui interviennent auprès de ces publics spécifiques .En même temps il est difficile à l’université de précéder l’organisation sociale des métiers.Pour l’instant en France à la différence des autres pays, la pratique de l’éducation thérapeutique relève d’une fonction et non d’un métier mais rien n’est inamovible.Le référentiel des compétences pour pratiquer l’éducation thérapeutique n’est pas encore défini et le référentiel des compétences patients est assez maigre. Le fait de l’avoir défini en deux sous groupes les compétences d’auto soin et les compétences psychosociales d’adaptation ne rend pas compte de la complexité des compétences que tout patient exerce dans sa vie quotidienne et qui ont trait à  sa santé, à ses soins, à sa vie tout court  et mettent donc en oeuvre des savoirs et des compétences  enchevêtrées. Les modalités de vie ont un impact sur la santé et inversement .On vit sa vie et sa santé avec, donc c’est difficile de départager tout cela en termes de compétences.On manque d’études,de mises en perspectives professionnelles et identitaires sur cette question . Il est assez risqué d’édicter des référentiels de compétences sans suffisamment d’études conduites pour les valider ou les faire valider par les publics qui en sont les supposés bénéficiaires. Or comment analyse-t-on l’activité des patients, la spécificité de leurs tâches, les modalités de construction de leurs savoirs et de leurs compétences? Comment articule-t-on le référentiel officiel des compétences des patients avec leurs propres compétences construites sous la forme d’une auto-didaxie ou à la suite d’un processus d’auto-formation. Un patient apprend tout seul la plupart du temps à vivre avec sa maladie, or ce savoir est précieux à prendre en compte avant de se lancer dans la délivrance d’un autre. Il y a peu de recherches sur le statut, l’identification, la fonction et les modalités de construction de ces savoirs profanes. Comme l’exprimait un patient ,  la maladie nous apprend des choses qu’on savait déjà mais auxquelles on ne prêtait pas attention et aussi des choses qu’on n’a pas envie de savoir mais qui finissent par gagner du terrain sur nous. Quels sont ces types de savoir qui viennent envahir la sphère de la vie intime sans avoir été convoqués , en quoi ces nouveaux savoirs bouleversent tout le référentiel des savoirs de vie et d’auto soin  que toute personne acquiert tout au long de la vie?

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