L’éducation thérapeutique à l’UPMC,un courant de pensée, des axes de recherche ?

Cette année , nous avons atteint un rythme de croisière dans nos diplômes en éducation thérapeutique à l’Université Pierre et Marie Curie. Je suis en train de finir le montage de mon  premier Itunes U . Notre chaire de recherches en éducation thérapeutique avance bien . Nous avons deux DU, un master 1, un master 2 et bientôt une école doctorale. Nous ouvrons aussi des  enseignements à distance à partir de la rentrée prochaine. 

Nous travaillerons toute la journée du 13 mars à la rédaction définitive de nos projets de recherche dans le cadre de notre partenariat avec le CRF au CNAM. Jean Marie Barbier et Richard Wittorski ont bien aimé les engagements et notre côté pionnier à  l’UPMC dans le champ de la formation des adultes et l’éducation thérapeutique . Si on travaille avec une dizaine de chercheurs sur la  transformation du champ de l’éducation comme champ de pratiques en champ de recherche, cela va nous permettre en quelques années de produire des recherches nouvelles dans le champ de la formation des adultes et de l’éducation en direction de publics exposés à une vulnérabilité biologique.J’ai travaillé avec Denise Jodelet la semaine dernière où j’étais invitée à présenter mes axes de recherches à des collègues des universités du Brésil et d’Allemagne. On va partenariser ensemble et ce d’autant plus que le Brésil est en train de développer des master santé et éducation thérapeutique.Nos étudiants à l’UPMC vont bien, il sont cette année dans tous nos diplômes plus de 100 et ils sont en train de se constituer en groupe et collectif avec plein de projet. Les premiers master 2 vont sortir en juin et plusieurs veulent aller en thèse. Ils seront accueillis au CNAM et à l’école des hautes  études en sciences sociales dans le cadre de nos partenariats mais aussi dans d’autres universités qui sont en train de nous approcher pour qu’on les aide à créer des master santé et éducation.

Je suis en train de terminer mon HDR et je sors de ce travail en étant beaucoup plus sûre de moi au sens où en faisant parler les vivants mais aussi les acteurs et les  auteurs  vivants et morts qui ont marqué les sciences humaines et sociales , je me suis aperçue à quel point je pouvais m’appuyer sur des écrits, des concepts, des notions solides pour pouvoir argumenter les orientations que j’avais prise dans le champ des « métiers de l’intervention sur autrui  » et cela il y a déjà 25 ans lors de mes premiers travaux , publications, interventions et engagements dans la lutte contre le SIDA.  Dans l’archéologie des savoirs, il faut continuer à défricher des couches entières de gisement de savoirs , ne pas se laisser enterrer et ne pas enterrer les idées qui ont permis à d’autres générations de résister , de se maintenir dans une position d’interrogation et de doute propice à la production de nouvelles connaissances.

On ne peut pas continuer à enseigner à l’université y compris dans un simple DU l’éducation thérapeutique comme un ensemble de tâches prescrites que les soignants devraient exercer et que les patients devraient réaliser. En fait j’ai pensé que comme on était en train d’ouvrir une école doctorale , nous devions déjà dès le niveau DU donner accès aux étudiants à l’ouverture du champ de l’éducation thérapeutique comme un champ de recherche. La distinction théorie- pratique doit s’estomper le plus rapidement possible dès qu’on s’interesse à l’acte éducatif et aussi à l’acte formatif pour éviter de laisser accroître aux acteurs de santé , patients y compris l’idée  qu’il y aurait un monde où les praticiens seraient sommés d’appliquer ce que d’autres  des  chercheurs découvrent. Dans une classe , on est à la fois co-enseignant et co-apprenant dans la même heure, au même moment, dans l’après coup parfois . C’est ce que le SIDA nous a magistralement montré : on apprenait des malades car on ne savait rien de cette maladie . Il fallait juste continuer à garder cette posture d’apprenant une fois que l’on savait ce qu’était la maladie c’est à dire 5 ans plus tard et des milliers de morts plus loin.J’ai retrouvé dans mes journaux de recherche des transcriptions de réunions à la Pitié Salpêtrière où on nous montrait  dans les pires années de l’épidémie, des matériaux d’autopsie pour nous expliquer les mécanismes d’action virale dans certaines zones du cerveau. Cet accès à tout était possible à une époque où il s’agissait non seulement de comprendre mais de travailler ensemble comme une communauté d’apprentissages partagés. Je pense avoir gardé cette posture de travail jusqu’à maintenant et le moment est venu d’en témoigner théoriquement et non plus cliniquement seulement de l’importance pour tout chercheur à refuser de travailler seul . J’ai travaille au cours de  ces derniers mois sur les théories du care, les théories de l’analyse de l’activité, les théories de l’analyse du travail et bien sûr j’ai fait des ponts, des petits chemins,des croisements, pas encore des autoroutes entre des concepts que j’ai mixés  ensemble pour relire et répondre à quelques questionnements sociaux qui sont à l’heure actuelle traités avec des théories obsolètes. Cela m’aura pris plus de deux ans pour poser , déposer et laisser quelque chose qui sera à la fois la  reconstruction d’un parcours universitaire, la description d’un itinéraire , la production de résultats en termes de connaissance sachant que la description détaillée des conditions de production de ces connaissances a été une des parties à laquelle j’ai consacré une attention constante.

Je reviendrai sur mon blog dans les semaines qui viennent pour m’expliquer un peu plus sur tout cela.

Bon week end

Paris le 24 février 2011. Il est 17h 42, il fait 15 degrés environ, le jour se montre un peu indécis, le ciel est couvert d’idées bien sûr !

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