Modifications des modes de vie et impact psychosocial du confinement lié à la COVID-19

La mesure sanitaire de confinement imposée par la pandémie à coronavirus 2019 (COVID-19) a exposé la population générale française à une situation imprévue nécessitant des réaménagements sur un temps bref de ses modes de vie. Le confinement a constitué un danger pour certains segments de la population, notamment pour les personnes et familles déjà en situation de vulnérabilité et de précarité sociale et économique.

Vivre Après, rencontre avec Catherine Tourette Turgis

Catherine Tourette Turgis est professeure en sciences de l’éducation, et directrice d’un Master Education Thérapeutique du patient à la Sorbonne. Elle est aussi chercheuse au Conservatoire des Arts et Métiers dans une unité de recherche qui s’intéresse à l’apprentissage professionnels des adultes.

Il y a 13 ans, elle a eu l’idée de créer une Université pour diplômer les malades et valider leur expérience. Cette idée a vu le jour en 2009, soit 12 ans après, sous le nom de l’Université de patients experts. 19 pathologies y sont représentées. Une première mondiale.

Catherine Tourette Turgis retrace avec nous son parcours, et nous explique le rôle des patients experts au quotidien.

Nous traversons une épidémie qui est privée de mises en récit, on parle de décès au lieu de morts !

A la différence de l’épidémie de sida , l’épidémie de la Covid-19 est une épidémie froide sans récits, sans visages.

Elle rappelle en ce sens l’histoire des grands fléaux où les morts sont anonymes, et seulement comptés sous forme de chiffres ,on parle de décès et non de morts et cela ne va pas ! Cela empêche la population de se rendre compte. On pleure et on s’inquiète pour des morts, on les fait siens, et on ne réagit pas de la même manière pas pour des décès anonymes.

Bien sûr on se désole pour des décès mais cela reste rationnel alors que lorsqu’on parle de morts, on pense à des sujets, à des histoires de vie, à des vies, à nos morts à nous, les anciens, les récents donc on partage, on met la mort en partage.

Pour la prévention , pour la réussir , il faut donner « un visage » aux malades de la covid, il faut rendre des hommages aux personnes , il faut les regretter, il faut passer par un processus d’endeuillement collectif ou par petits groupes socio-affectés, sinon c’est trop abstrait !

Ce sont des chiffres et les gens ont besoin de mots qui fassent langage donc sens ! Il faut de l’émotion pour faire de la prévention et pas seulement de la peur , il faut une inquiétude, un peu d’identification, et une preuve de proximité.

C’est insupportable d’égrener des chiffres, une vie cela compte , ce sont des vies qui se sont interrompues, des trajets, des histoires, des amours, des désespoirs, un être que l’on perd ce n’est un chiffre de plus aux informations du soir..les familles endeuillées ont besoin de plus que cela …et la population générale aussi …Surtout entre la Toussaint et Noel , période d’éveil et de réveil intense de nos attachements , et pertes de nos êtres aimés.

L’après cancer : transition et rétablissement

Depuis plusieurs mois, j’étudie la littérature internationale sur l’après cancer tout en travaillant moi-même en oncologie et en conduisant des entretiens de personnes « rétablies ».
Il existe beaucoup de programmes et d’actions destinés aux personnes après la fin des traitements en Europe, au Canada, aux Etats-Unis en Australie. La notion de rétablissement est théorisée dans plusieurs pays et donne lieu à la délivrance de services d’accompagnement médico-psycho-social.
Il existe même des centres d’excellence sur le rétablissement après cancer.
Je cherche à collecter les initiatives en France qui s’inscrivent dans le parcours après traitement dans le cancer et qui sont destinées aux personnes en rémission, en rétablissement, en guérison.
Je lis, je traduis, j’écoute les patients et les soignants, quel moment passionnant !
Le Lancet-Oncology en janvier 2017 a consacré un dossier à la prise en charge et à l’accompagnement des personnes après le cancer.